Qu’est-ce qu’un œnologue et comment le devenir ?

Verre de dégustation rempli de vin rouge dans une cave à vin

L’œnologue est le scientifique responsable de l’élaboration du vin, du suivi de la vigne jusqu’à la mise en bouteille. En France, ce titre est protégé par la loi et réservé aux titulaires du diplôme national d’œnologue, un bac+5 préparé dans sept établissements. Le métier s’adresse donc d’abord aux profils attirés par la biologie et la chimie, bien plus qu’aux amateurs de grands crus.

L’œnologue, un expert scientifique qui pilote la fabrication du vin

L’œnologue assume la responsabilité technique de l’élaboration des vins et des autres boissons issues du raisin. Le mot vient du grec oinos, le vin, et logos, la science. L’œnologie désigne la discipline qui étudie le vin, sa composition et sa fabrication.

L’Union des œnologues de France, le syndicat de la profession, découpe l’activité en cinq phases :

  1. la production du raisin, avec le conseil sur les cépages et la date des vendanges ;
  2. la transformation du raisin en vin ;
  3. le contrôle de la production ;
  4. l’adaptation des vins aux marchés et leur commercialisation ;
  5. les analyses en laboratoire.

La vinification est l’ensemble des opérations qui transforment le raisin en vin, du pressurage jusqu’à l’élevage en cuve ou en barrique. L’œnologue en surveille chaque étape et intervient quand une fermentation ralentit ou qu’un défaut apparaît. Il décide aussi des assemblages. L’assemblage est le mélange de plusieurs cuves, parcelles ou cépages pour obtenir le vin final.

La dégustation sert d’outil de contrôle à toutes les étapes, au même titre qu’une analyse chimique. Le titre bénéficie enfin d’une définition internationale, fixée par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) dans sa résolution OIV-ECO 492/2013.

Où travaille un œnologue : domaine, cave, laboratoire ou conseil

La majorité des œnologues travaillent dans la production, au sein des domaines viticoles, des caves coopératives et des maisons de négoce. Le négoce est l’activité qui consiste à acheter du raisin, du moût ou du vin à des producteurs pour l’élever, l’assembler et le vendre sous sa propre étiquette. Chez un négociant, l’œnologue devient souvent le spécialiste des assemblages.

D’autres exercent dans l’enseignement, la recherche, le journalisme technique ou les administrations du secteur, comme l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO). Selon la structure, le poste porte le nom de maître de chai ou de directeur technique.

Les laboratoires d’analyses œnologiques et les œnologues-conseils forment un débouché à part, et un service dont dépendent de nombreux vignerons. Un domaine trop petit pour salarier un œnologue confie à ces structures le suivi de ses fermentations et les analyses à réaliser avant la mise en bouteille, du degré d’alcool à la teneur en dioxyde de soufre. Pour choisir un laboratoire, le critère le plus solide reste l’accréditation selon la norme NF EN ISO/IEC 17025, délivrée en France par le Cofrac, qui atteste la fiabilité des méthodes d’analyse. La proximité compte aussi pendant les vendanges, quand un résultat doit tomber dans la journée.

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L’Union des œnologues de France organise depuis 1981 des comparaisons interlaboratoires, auxquelles participe un réseau de plus de 230 laboratoires spécialisés dans l’analyse des vins et des jus de raisin. Le rythme de travail, lui, suit le calendrier de la vigne : pendant les vendanges et les semaines qui suivent, un œnologue peut travailler sept jours sur sept.

Œnologue ou sommelier : deux métiers que l’on confond souvent

L’œnologue fabrique le vin, alors que le sommelier le conseille et le sert. Le sommelier est le professionnel de la restauration chargé de la carte des vins, de la cave d’un établissement et des accords entre les plats et les vins.

Critère Œnologue Sommelier
Rôle principal Élaborer le vin et en garantir la qualité Conseiller et servir le vin
Lieu de travail Domaine, cave coopérative, négoce, laboratoire Restaurant ou hôtel
Formation Diplôme national d’œnologue (bac+5) CS sommellerie (bac+1) ou brevet professionnel sommelier, après un CAP ou un bac pro de la restauration
Titre protégé par la loi Oui, depuis la loi n° 55-308 du 19 mars 1955 Non
Compétences clés Chimie et microbiologie du vin Connaissance des appellations et accords mets et vins

Le caviste complète ce trio de métiers souvent mélangés. Il tient un commerce de vins, sélectionne des bouteilles auprès des producteurs et les vend aux particuliers. Ni le sommelier ni le caviste n’ont besoin du diplôme d’œnologue, même si un œnologue peut exercer l’un ou l’autre.

Devenir œnologue : le parcours en quatre étapes

Le diplôme national d’œnologue (DNO) est le seul diplôme qui permet de porter le titre d’œnologue en France. Il se prépare en deux ans après une licence scientifique, soit cinq années d’études supérieures au total.

  1. Choisir un bac à dominante scientifique. Les spécialités SVT et physique-chimie préparent le mieux aux licences qui ouvrent l’accès au DNO. Un bac technologique STL ou STAV permet aussi de rejoindre ces filières, notamment par un BUT.
  2. Obtenir une licence ou un diplôme équivalent. Les candidats doivent détenir une licence en sciences biologiques, chimiques, biochimiques ou agronomiques, ou un diplôme de 180 crédits européens dans ces domaines, comme le BUT génie biologique. Un diplôme d’ingénieur en agriculture donne aussi accès à la formation.
  3. Être admis dans l’un des sept centres de formation. Un jury examine le dossier, parfois complété par un entretien de motivation et de projet professionnel. Le DNO se prépare à Bordeaux, Dijon, Reims, Toulouse (deux établissements) et Montpellier (deux établissements), dont la liste détaillée figure sur le site de l’Union des œnologues de France.
  4. Se confronter au terrain. Les stages en cave et les saisons de vendanges permettent de vérifier que le rythme du métier vous convient avant de vous engager dans cinq ans d’études.

Les adultes en reconversion peuvent préparer le DNO en formation continue, à condition de justifier du même niveau licence. Selon sa fiche au Répertoire national des certifications professionnelles, le diplôme est aussi accessible en apprentissage, en contrat de professionnalisation et par validation des acquis de l’expérience (VAE).

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Travailler dans le vin sans être œnologue

Plusieurs métiers de la filière vin s’exercent sans le DNO, avec une formation plus courte ou orientée vers le commerce. Le BTSA viticulture-œnologie en est la voie technique la plus directe. Ce brevet de technicien supérieur agricole se prépare en deux ans après le bac, en lycée agricole ou en apprentissage, et mène notamment à des postes de technicien de chai ou de second de maître de chai.

Les formations au commerce des vins et spiritueux attirent ceux que la vente et l’export intéressent davantage que le laboratoire. Écoles de commerce et organismes privés les proposent du bac+2 au bac+5, souvent en alternance. Avant de s’inscrire, vérifiez que le titre est inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), condition pour le financer avec le compte personnel de formation, et demandez le taux d’insertion des dernières promotions.

S’initier à l’œnologie en amateur

Un cours d’œnologie pour amateurs apprend à déguster un vin avec méthode, sans aucun objectif professionnel. La formule la plus répandue prend la forme d’un atelier de quelques heures autour d’une sélection de vins, animé par un sommelier ou un œnologue. Les cycles de plusieurs séances vont plus loin, région par région ou cépage par cépage. Le prix dépend surtout de la durée de la séance et du niveau des bouteilles servies. Pour choisir, regardez la taille du groupe et la formation de l’animateur : un petit groupe laisse davantage de place aux questions.

Une dégustation suit toujours le même ordre. L’examen visuel renseigne sur la couleur et l’évolution du vin, l’examen olfactif sur ses arômes, et la mise en bouche sur l’équilibre entre acidité, alcool, sucre et tanins. Les tanins sont des composés issus de la peau et des pépins du raisin qui donnent au vin rouge sa sensation d’astringence.

Pour déguster chez soi, le verre compte autant que la méthode. Le verre normalisé ISO 3591, souvent appelé verre INAO, sert de référence pour les dégustations professionnelles : sa forme de tulipe concentre les arômes et permet de comparer les vins dans les mêmes conditions.

Salaire, prix et cadre légal : les repères à jour

Un œnologue débutant gagne environ 2 000 euros brut par mois, et un œnologue confirmé entre 2 500 et 3 000 euros brut, selon la fiche métier du CIDJ. Ces montants varient selon la région de production et le poste occupé, un directeur technique de grande maison n’ayant pas la rémunération d’un œnologue de laboratoire.

Côté amateurs, un atelier d’initiation à la dégustation de 1 h 30 à 2 h coûte en général entre 40 et 70 euros par personne. Les cours approfondis ou consacrés aux grands crus dépassent souvent 100 euros.

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Les textes qui encadrent la profession sont les suivants :

  • La loi n° 55-308 du 19 mars 1955 protège le titre d’œnologue.
  • Le décret n° 2021-1147 du 2 septembre 2021 confère au DNO le grade de master.
  • Un arrêté du 2 septembre 2021 organise les études menant au diplôme.
  • La fiche RNCP n° 36955 décrit les compétences certifiées par le DNO.
  • Le contrat vendanges, prévu par le Code rural et de la pêche maritime, dure un mois au maximum et peut être renouvelé dans la limite de deux mois sur douze mois.

Questions fréquentes sur le métier d’œnologue

Faut-il aimer boire du vin pour devenir œnologue ?

Le métier d’œnologue repose d’abord sur la chimie et la microbiologie. La dégustation fait partie du travail quotidien, mais l’œnologue recrache la plupart des échantillons et juge le vin comme un produit technique. Un palais entraîné se construit pendant la formation et les années de pratique, pas avant d’entrer en études.

Combien d’années d’études faut-il pour devenir œnologue ?

Devenir œnologue en France demande cinq années d’études supérieures : trois ans de licence scientifique, ou un diplôme équivalent de 180 crédits, puis deux ans de diplôme national d’œnologue. Le DNO confère le grade de master. Un diplôme d’ingénieur en agriculture permet aussi d’entrer directement en formation.

Quelle différence entre œnologie et viticulture ?

La viticulture désigne la culture de la vigne jusqu’à la récolte du raisin, alors que l’œnologie couvre la transformation du raisin en vin et son élevage. Les deux domaines se rejoignent au moment des vendanges, quand l’œnologue aide le viticulteur à fixer la date de récolte selon la maturité des raisins.

Avant de candidater, faites une saison de vendanges

Une saison de vendanges reste le meilleur test avant de s’engager dans cinq ans d’études. Le contrat vendanges, un contrat saisonnier court prévu par le Code rural, permet de travailler sur un domaine sans engagement long, et un salarié peut même le signer pendant ses congés payés. Demandez à passer quelques jours au chai pendant les fermentations, pas seulement dans les rangs de vigne : vous y verrez de près le quotidien d’un œnologue.

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