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Rétrospective – Enemy Mine (1985)

1985 : Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan se rencontrent à Genève afin d’entamer les pourparlers au sujet de la course à l’armement de la guerre froide. Sommet diplomatique qui se soldera par une majorité de rejets en bloc des propositions pour calmer le jeu.

C’est dans ce contexte tendu que sort un mois après Enemy Mine de Wolfgang Petersen (Das Boot, L’histoire sans fin, Troie). Loin d’être un space opera, Enemy Mine est un film de science-fiction se passant fin XXIème siècle. Les humains recherchent toujours plus de planètes à coloniser, quand il se heurtent à une autre espèce technologiquement développée : les “Dracs” (sorte de Unas à la Stargate). Alors qu’une base spatiale majeure se fait attaquer par des vaisseaux extra-terrestres, le pilote humain Davidge (le fringant Dennis Quaid) se lance à la poursuite d’un chasseur Dracs (Louis Gosset Jr.), jusqu’à ce qu’ils se crashent tous deux sur une planète désertique – “Fyrine4”.

Forcés de coopérer pour survivre à l’hostilité de la météo (orages, pluies de météorites) et de la faune de ce système (dont un monstre est clairement un hommage à Star Wars), les deux compères en viendront au fil du temps à se connaître, ils apprendront leurs langues respectives. Ils échangeront culturellement et même partageront des valeurs morales . C’est donc dans cette ambiance à la fois dangereuse et fraternelle que l’on prend une sacrée leçon d’humanité : fraterniser entre ennemis. Cette histoire nous rappelle un autre classique: Duel dans le Pacifique de John Boorman (1968) dans lequel un pilote de l’armée de l’air américaine et un soldat de la marine impériale japonaise doivent s’entraider pour survivre et fuir une île déserte.

Enemy Mine nous livre un témoignage d’une époque riche en évolutions scénaristiques et surtout en effets spéciaux, avec des panoramas de paysages désertiques fumants nous plongeant dans un climat inhospitalier et des bestioles dangereuses en animatroniques au charme rétro. Tout cela est appuyé par une bande originale à la fois épique & badante, composée par le maître Maurice Jarre dont, dans le milieu des musiques de film, la réputation n’est plus à discuter.

Wolfgang Petersen nous embarque alors dans une aventure dépaysante, mais aussi bourrée de sens. Voulait-il, de par sa nationalité allemande, témoigner de son envie d’une Allemagne réunifiée ?